PORTRAIT : Laurent, CHARPENTIER

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PORTRAIT : Laurent, CHARPENTIER

Je m’appelle Laurent, j’ai 28 ans et suis désormais charpentier depuis 3 ans. Rien ne me conduisait à faire ce métier un jour, et pourtant…! 

Neuvième d’une fratrie de dix enfants, l’éducation de nos parents nous conduisait plutôt vers des études classiques, à vrai dire sans aucun interdit à ce sujet, mais sans trop de propositions non plus. Arrière petit fils, petit fils, fils et frère d’avocat, ne sachant pas du tout quoi faire de ma vie dès le lycée, j’en suis sorti inscrit en faculté de droit…

Passionné de vieilles choses, de brocante, de vieilles voitures ou de vieilles motos, j’ai toujours aimé l’histoire. Après une année à l’Institut Philanthropos, à Fribourg (CH) qui me réconcilie avec les études après mes échecs en droit, je me lance dans une licence d’histoire avec beaucoup de plaisir. 

C’est en 2010, en seconde année que je rencontre Mme Duranson. Je cherchais à l’époque quelque chose d’objectif, un angle d’attaque à exploiter pour savoir un peu quel métier faire un jour…. Car je sentais bien que des études purement théoriques ne me satisferaient pas et que si je faisais ça par plaisir certes, ça ne faisait pas tout ! Et puis cela faisait déjà 4 ans que j’avais quitté le lycée, je trouvais le temps long, j’avais besoin de concret ! 

J’ignorais à l’époque que raconter comment j’avais réparé le pot d’échappement de ma 2cv serait comme délier une bobine de fil, ça vous emmène beaucoup plus loin !

J’ai comme redécouvert au fil des entretiens une part de mes désirs de petit garçon : j’étais capable de regarder pendant des heures les travaux autour de la maison, les engins sur-puissants tasser, creuser etc. Plus tard je me suis passionné pour le modélisme, j’ai toujours ce bateau en bois, muni d’une télécommande et qui pouvait m’occuper des jours entiers. Puis ce fût ma 2cv, finalement réparée avec la boite d’une bouteille de whisky pour atténuer le raffut de l’échappement ! Bref, je découvrais que le travail manuel où je pouvais utiliser ces talents me passionnait, mais c’était comme venu de très loin. Moi qui croyait qu’un métier était avant tout quelque chose de rébarbatif, qu’il fallait bien faire certes, quitte à pratiquer à côté ce qui nous plaisait vraiment etc.  

C’est donc ça l’orientation? On peut, vraiment faire ce qu’on aime? Mieux que ça, c’est ce qu’on doit faire et ces choses qui me rendent un peu original sont en fait des atouts. Ah !

Je sortais des ces entretiens avec deux directions, l’une qui me poussera à tenter les concours de gendarmerie, sans succès. Et l’autre, plus flou mais qui devrait être manuelle, et surtout qui ne devrait pas me clouer derrière un bureau. Quant à savoir si c’était dans la maintenance des 2cv, dans la construction, dans la création, je ne savais pas trop. Mais j’avais un cap. 

Une réplique célèbre d’Astérix dit “que c’est avant tout une histoire de rencontres..”, eh bien c’est vraiment ainsi que ça s’est passé. J’ai rencontré grâce à Mme Duranson un garagiste, devenu ensuite un ami. Il me dit que lui aujourd’hui se lancerait volontiers dans le milieu du bois… Tilt ! Alors je rencontre un menuisier, pour savoir un peu ce qu’il fait lui. Puis, encore grâce à Mme Duranson, je dois contacter une entreprise dans la région des Deux Sèvres qui fait de la charpente. Ô joie, celle-ci oeuvre dans les monuments historiques principalement. Je me pends au bout du fil pour avoir un stage chez eux. En fin de compte, c’est un stage conventionné avec la Sorbonne, où je finis ma licence d’histoire, qui me permettra de découvrir ce métier. Je me rends compte de ma chance de pouvoir travailler du chêne, dans des endroits magnifiques et sans hésiter je demande à cette entreprise de m’embaucher pour me former. Et c’est ainsi que j’ai entamé ma formation, en alternance chez les Compagnons du devoir que je poursuis encore aujourd’hui. 

J’ai découvert un métier magnifique, alliant conception, travail intellectuel avec le fameux trait de charpente, et réalisation manuelle d’ouvrages impressionnants. 

J’ai surtout découvert à quel point le métier est important dans une vie, qu’il structure et qu’il doit développer ce pour quoi nous sommes crées. 

Aujourd’hui je rends grâce d’avoir pu bénéficier de ces conseils et de ce soutien, libre à vous d’en profiter aussi.

Un commentaire

  1. Sylvain 15 avril 2015 à 14 h 55 min ␣- Répondre

    Super témoignage !

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