PEUR SUR LA COUR (DE RÉCRÉATION)

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PEUR SUR LA COUR (DE RÉCRÉATION)

Elles s’appellent Mathilde, Alice et Sou-Yi, toutes trois sont lycéennes en quête d’orientation. Elles ne se connaissent pas et viennent d’horizons social et scolaire différents: collège privé de province, ZEP, collège élitiste de l’ouest parisien… Elèves sérieuses, plutôt jolies, ce qui les réunit dans ce billet est un mal de notre jeunesse : elles ont été HARCELÉES : moqueries, relations manipulatrices, mise à l’écart, brûlures… « J’étais bonne élève et souvent hospitalisée pour des problèmes de santé, ce sont deux bonnes raisons d’être harcelée en banlieue difficile », dit Sou-Yi. Certaines en ont parlé, d’autres non : même résultat, aucune sanction, voire même des paroles édifiantes d’éducateurs, sur l’air de « il faut bien apprendre la vie ! » Ces trois jeunes filles croisées dans mon bureau ont occasionné une prise de conscience de ce mal endémique passé sous silence ( hors la journée nationale contre le harcèlement en novembre !) et pour lequel la seule politique de l’excuse ne peut être satisfaisante. Le protocole de traitement proposée par le site gouvernemental du réseau-canopée suggère de « demander à la victime ce qu’elle est prête à faire pour améliorer la situation ? »

Au-delà du scandale de cette situation, ce qui nous intéresse dans notre travail de découverte de la vocation professionnelle et dont nous devons tenir compte dans notre pratique est le déficit de confiance occasionné à long terme, les blessures qui restent vives et induisent souvent des difficultés relationnelles : manque d’assertivité, docilité, ou distance et carapace émotionnelle.

A l’encontre de Nietzsche, je ne crois pas que ce qui ne nous tue pas nous rende plus forts. Parfois, ce qui ne nous tue pas nous rend juste plus fragiles, et la faille ouverte à l’adolescence par cette violence des rapports humains empêche les talents de la personne de se déployer pleinement. Parents, enseignants, éducateurs, soyons vigilants à tous les signes, ne faisons pas de cette réalité une simple fatalité par laquelle il faudrait passer.

 

Christine Vaillant

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